Comment se passe une IVG à la maison ?

En France, l'IVG médicamenteuse se pratique à domicile jusqu'à 7 semaines de grossesse, avec une prescription et un suivi médical. Elle est gratuite et confidentielle.
Dans cet article
En France, une IVG médicamenteuse peut se dérouler à domicile jusqu’à 7 semaines de grossesse, soit 9 semaines d’aménorrhée.
Elle s’obtient sur prescription d’un médecin ou d’une sage-femme qui assure aussi le suivi. Elle est prise en charge à 100% par l’Assurance maladie. Aucune démarche en dehors de ce cadre n’est sûre.
Cadre légal
La loi autorise l’IVG à la demande de la femme enceinte sans qu’elle ait à justifier sa décision.
Le délai légal pour la méthode médicamenteuse à domicile est passé de 5 à 7 semaines de grossesse (de 7 à 9 semaines d’aménorrhée) à partir d’avril 2020.
Cette mesure d’abord exceptionnelle a ensuite été inscrite dans la loi. L’IVG chirurgicale reste possible plus tard, jusqu’à 14 semaines de grossesse (16 semaines d’aménorrhée).
Compter les semaines
2 repères existent pour dater une grossesse :
- Les semaines de grossesse se comptent depuis la date présumée de la conception.
- Les semaines d’aménorrhée se comptent depuis le premier jour des dernières règles et ajoutent deux semaines.
Un professionnel de santé confirme la date par un examen ou par une échographie. La date des dernières règles ne suffit pas toujours pour la fixer.
| Méthode | Lieu | Délai maximal |
|---|---|---|
| Médicamenteuse | À domicile | 7 semaines de grossesse (9 semaines d’aménorrhée) |
| Médicamenteuse | En établissement de santé | 9 semaines d’aménorrhée |
| Instrumentale (chirurgicale) | Établissement de santé ou centre habilité | 14 semaines de grossesse (16 semaines d’aménorrhée) |
Démarches
La première étape est une consultation avec un médecin généraliste ou gynécologue ou avec une sage-femme. Elle peut avoir lieu en cabinet ou en téléconsultation.
Le professionnel vérifie la date de la grossesse et explique les méthodes. Il remet un dossier d’information et ouvre une seconde consultation pour recueillir le consentement écrit. Il n’impose aucun délai de réflexion obligatoire.
- Prendre rendez-vous avec un médecin, une sage-femme, un centre de santé ou un centre de planification.
- Faire confirmer la grossesse et sa date.
- Choisir la méthode avec le professionnel de santé.
- Signer le consentement.
- Retirer les médicaments en pharmacie sur prescription.
- Prendre les médicaments selon le protocole remis par le professionnel.
- Passer la consultation de contrôle.
Déroulement à domicile
Le protocole associe deux médicaments pris à quelques jours d’intervalle.
Le professionnel prescrit les doses et les horaires. Elles ne se déterminent jamais seule.
Des saignements plus abondants que des règles et des douleurs de type crampes surviennent après la prise du second médicament.
Des antalgiques prescrits à l’avance soulagent la douleur. Les recommandations préconisent de ne pas rester seule à domicile pendant cette phase.
Une personne de confiance à proximité aide en cas de besoin.
Suivi
Une consultation de contrôle a lieu environ 2 à 3 semaines après la prise des médicaments. Elle confirme que la grossesse a pris fin.
Elle peut se faire par examen ou par un dosage sanguin. Le professionnel aborde aussi la contraception pour la suite. L’IVG ne diminue pas la fertilité future dans la grande majorité des cas.
Signes qui demandent une consultation urgente
Un saignement qui imbibe plusieurs protections en 2 heures impose d’appeler les urgences ou le 15.
Une fièvre persistante, une douleur que les antalgiques ne calment pas, un malaise ou des pertes malodorantes demandent aussi une consultation immédiate.
Le professionnel remet un numéro d’urgence disponible jour et nuit lors de la consultation.
La convention signée par les médecins qui pratiquent des IVG à domicile prévoit un accès permanent à un service d’urgence.
Dangers des méthodes hors cadre médical
Les médicaments vendus en ligne sans ordonnance, les tisanes et les plantes, les médicaments détournés et les gestes artisanaux exposent à des hémorragies et à des infections graves.
Le contenu d’un produit commandé sur un site non contrôlé n’est pas garanti. Une prise sans examen préalable ne permet pas de repérer une grossesse extra-utérine.
Cette situation exige une prise en charge médicale urgente. La date de la grossesse n’est pas vérifiée non plus et les doses ne sont pas adaptées. Le cadre légal en France donne un accès gratuit à des soins sûrs.
Coût et la confidentialité
L’IVG est prise en charge à 100% par l’Assurance maladie pour toutes les femmes, y compris les consultations, les examens et les médicaments.
Une mineure peut obtenir une IVG sans l’accord de ses parents. Elle se fait alors accompagner par une personne majeure de son choix.
Elle bénéficie aussi du secret sur les remboursements et ses frais n’apparaissent pas sur les relevés des parents.
Les personnes sans couverture sociale peuvent accéder à l’IVG gratuitement.
Où trouver de l’aide ?
Le numéro vert national 0 800 08 11 11 répond aux questions sur l’IVG et oriente vers un professionnel proche.
Le site ivg.gouv.fr liste les professionnels et les établissements qui pratiquent des IVG.
Le Planning familial accueille et informe sans jugement.
Les centres de santé sexuelle et les services de gynécologie des hôpitaux reçoivent aussi sans rendez-vous.
Un médecin qui refuse de pratiquer une IVG pour des raisons personnelles doit orienter la patiente vers un confrère sans délai.
Erreurs fréquentes
| Erreur | Conséquence | À faire à la place |
|---|---|---|
| Attendre pour consulter | Le délai de l’IVG à domicile peut être dépassé | Prendre rendez-vous dès que la grossesse est connue |
| Commander des pilules en ligne | Risques pour la santé et produit non contrôlé | Consulter un médecin ou une sage-femme |
| Rester seule pendant l’expulsion | Aide absente en cas de malaise | Prévenir une personne de confiance |
| Ne pas aller au contrôle | Une grossesse en cours peut passer inaperçue | Planifier la consultation de suivi |
| Ne pas parler de contraception | Nouvelle grossesse non souhaitée possible | Aborder le sujet à la consultation de suivi |